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15 janvier 2008

Où est notre troisième pont ?

7dcf60d8c508847cf5b8fe69588719e1.jpgAnnoncé (en fanfare) à l’arrivée de l’actuel Chef d’Etat au pouvoir, le projet de réalisation du troisième pont d’Abidjan avait suscité beaucoup d’espoir et de soulagement dans le cœur des uns et des autres.
Puisqu’aujourd’hui, «circuler à Abidjan n’est pas une chose aisée». Les embouteillages – on ne parle plus d’heures de pointe car toutes les heures, les voies sont ‘‘inondées’’ de véhicules – sur toutes les artères de la ville sont de plus en plus longs (en kilomètres comme en heures). Depuis les quartiers huppés jusqu’aux «quartiers précaires», les routes se sont rétrécies. Sur les deux ponts qui existent déjà, d’énormes fissures commencent à se former entre les barres qui relient chaque morceau de ces ponts. Le bitume quant à lui porte encore les stigmates de l’attaque de l’armée française en novembre 2004.
Après les évènements de 2002, l’on a cru comprendre que le marché de notre pont devait être arraché aux mains d’un groupe français et remis aux chinois (qui voulaient le réaliser à moindre coût). Et puis…les rumeurs ont circulé disant que les caisses étaient vides… «à cause de la guerre».
Avec un dos très large donc, la crise ivoirienne a encaissé tout sorte de manque(ment)s financiers.

Et puis, il y a eu des évènements comme l’indemnisation des victimes des déchets toxiques. La Côte d’Ivoire (si je puis me permettre) s’en est tirée avec la ‘‘modique’’ somme de 100 milliards reparties entre l’Etat de Côte d’Ivoire et les victimes. L’on s’est dit «cette fois ça y est ! Le bon Dieu nous offre cette ‘’manne’’ afin que notre cher troisième pont soit (enfin) construit». Et puis rien… les jours et les mois, même les années se sont égrainés depuis.

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Et puis, il y a eu l’accord politique de Ouaga. Avec son corollaire de retour des bailleurs de fonds (FMI, Banque mondiale, Union européenne, les firmes chinoises et Libyenne etc.). «La paix est là… l’argent aussi»…mais point de pont.
C'est clair, les autorités semblent avoir abandonné l’idée de la réalisation de notre troisième pont. Qui, même s’il était construit aujourd’hui ne suffirait plus à contenir la circulation abidjanaise avec ses feux éternellement en panne. Il nous faudrait alors un quatrième pont.
Récemment, j’ai ouïe dire qu’il y avait un autre projet de construction… d’un quatrième pont …à Jacqueville (60 km, sud ouest). Mais rien sur notre troisième pont.
Entre temps, ce sont des centaines (voire des milliers) de véhicules qui entrent (légalement ou de façon illicite) sur le territoire ivoirien chaque mois. Engorgeant davantage nos rues si étroitement construites et si mal entretenues.

Ou est donc passé le projet de notre troisième pont ?
Certainement dans un très grand tiroir capable de le contenir et l’enfermer jusqu’aux prochaines élections d’où il ressortira pour occuper l’essentiel des programmes de gouvernement.
Mais le peuple n’est plus dupe. «Premier gaou n’est plus gaou !»

Ce qui m’intrigue (et m’irrite) le plus, ce n’est pas tant que cette promesse ne soit pas tenue – nous nous sommes habitués avec le temps –, mais c’est le mutisme des autorités sur la question. Il y a eu les gouvernements de Seydou Diarra, Albert Tévodjéré, Charles Konan Banny et…de Guillaume Soro.
Hélàs, notre troisième pont n’a jamais été à l’ordre du jour. Hélas, c’était une belle farce. Et elle a bien marché !

Commentaires

perso je trouve les voies abidjanaises trop larges, d'où les difficultés d'entretien qui s'en suivent
c'est clair que pour slalomer c'est l'idéal mais a t'on vraiment besoin de ces larges voies dans les nouveaux quartiers résidentiels?

belle analyse

Écrit par : Djé | 15 janvier 2008

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