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31 décembre 2007

Veille du nouvel an, l’Administration «fout l’ camps !»

444b6ccffcb79192c658d09e53371cfe.jpgLundi 31 décembre 2007. Jour ouvrable, jour de travail en Côte d’Ivoire et spécifiquement à Abidjan. Il est à peu près 10 heures 30. Henri Dion, jeune étudiant est dans la cour de l’agence de la compagnie d’électricité de la commune de Cocody (commune présidentielle) pour y régler une facture dont la date limite est le «31 décembre». A peine arrivé, qu’il est accueillit par le vigile qui lui indique que les bureaux sont fermés. Le jeune Henri consulte sa montre : «10 heures 35». «J’ai demandé au vigile s’il n’y avait pas eu travail aujourd’hui. Et ce dernier m’a répondu que c’était une ‘‘demie-journée’’», raconte-t-il, en colère. Renseignement prit, l’on lui fait remarquer qu’il peut se rendre aux 2-Plateaux (quartier huppé de la commune de Cocody). Ce qu’il fait. Dans l’agence dudit quartier, un rang interminable l’attend. Et sur le portail de la salle d’accueil l’on peut lire : «en raison de la journée continue, les services (…) débuteront ce jour 31 décembre 2007 à 7 heures 30 pour s’arrêter à 11 heures».
C’est avec amertume et colère que Henri lit cette note grossièrement affichée. C’est sûr, il ne paiera pas sa facture ce jour. Il sait qu’il s’expose à une coupure.
Plateau, centre administratif et cœur des affaires d’Abidjan. Il est seulement 11 heures, déjà les bureaux se ferment, les gares sont bondées de monde. L’atmosphère fait penser à une heure de descente. Les gens se bousculent, les voitures klaxonnent de toute part. Petit à petit, les grandes artères se vident. «Personne ne veut prendre le risque de perdre le temps au travail ce jour de la Saint Sylvestre. Il faut vite rentrer à la maison pour préparer la soirée», se justifie Angéline Kadjo, secrétaire dans un service administratif au ministère du transport.
Tous ceux qui espéraient suivre des dossiers importants ce jour sont pris à contre-pied. «J’avais un important rendez-vous aujourd’hui pour récupérer un agrément pour ma structure. C’est avec ça que je devais aller en voyage le 2 janvier. Mais lorsque je suis arrivé vers 10 heures et demie dans le service, toutes les portes étaient hermétiquement fermées. Même les gardiens avaient pris «leurs vacances», témoigne Thomas Konan, la trentaine, président d’une Ong pour le développement du monde rural.
Ce 31 décembre – comme certains jours ordinaires d’ailleurs – l’Administration ivoirienne n’a pas travaillé. Causant beaucoup de tords à ceux qui croyaient que la «demie journée» courrait de 7 heures 30 à 13 heures. «Pourtant aucune décision ministérielle n’a demandé d’arrêter le travail dans la matinée… et c’est dommage que des employés au service de l’Etat se comportent ainsi», lance Sindou Coulibaly, chef comptable dans une entreprise.

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